Posé sur son petit nuage doux,
L'ange observe, songeur, l'enfer des bas fonds
Il aperçoit une lueur qui l'appelle, sanglotante.
C'est une petite fée apeurée.
Doucement elle s'éteint.
Alors l'ange lui relève délicatement la tête.
Elle a mal.
Le monde l'accable.
Ses courbes la déchirent.
Son estomac est noué jusqu'au sang.
Ses petites ailes s'agitent sans cesse, la panique s'amplifie.
Sa main tremble face à son dégoût.
Elle aimerait pouvoir se délecter de son nectar sucré.
Mais elle ne peut l'atteindre. Damnation suprême.
Son ennemi la serre fort. Désespoir des jours bannis.
Elle rêve de retrouver sa magie.
Elle veut tenir sa place, seulement reste maîtresse la folie.
L'ange attristé la prend alors entre ses mains,
La réchauffe d'un amour certain.
Il lui chuchote des vers divins.
La petite fée s'est endormie,
Pour la première fois depuis une décennie.
Son réveil sera léger, son poids retiré.
De nouveau elle pourra prendre son envol,
Et sauver le monde de ses paillettes multicolores.
Le réveil est brutal.
La petite fée a rêvé.
Les anges n'existent pas.
Elle se bat.
Un jour tout se finira,
Elle y croit.